Hip-Hop-Generation-Brussel-2025-4ème-édition

 HIP HOP GÉNÉRATION BRUSSELS 2025 : Plongeon au cœur de la culture urbaine bruxelloise

Bruxelles, ça groove, ça danse, ça peint et ça rappe ! Et c’est précisément cette énergie brute que HIP HOP GÉNÉRATION BRUSSELS va capturer et célébrer. Direction la place Lemmens, au cœur battant du quartier Currighem à Anderlecht, pour trois jours de festivités 100% hip-hop.

Ici, on ne fait pas que parler de la culture hip-hop, on la vit. Ce projet est bien plus qu’un simple événement : c’est un hommage vibrant à une racine profondément ancrée dans le sol bruxellois depuis les années 80. Une occasion unique de connecter les générations autour des valeurs et des passions qui font battre le cœur de la ville.

Au programme du « Hip-Hop Generation Brussels » ? Un voyage dans le temps et une immersion totale.

Hip-Hop-Generation-Brussel-2025-4ème-édition
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Plongée dans l’Histoire : Ne manquez pas l’exposition exclusive qui retrace l’épopée du hip-hop belge. C’est le fruit de plus de dix ans de collecte de mémoire, une chance inédite de découvrir le patrimoine vivant qui a façonné la scène bruxelloise. Un véritable retour vers le futur pour comprendre d’où l’on vient.

Hip-Hop-Generation-Brussel-expo
Hip-Hop-Generation-Brussel-expo

Apprentissage et Partage : L’événement se veut résolument interactif ! Enfants, ados, adultes… Tout le monde est invité à participer. Les activités, conçues sous forme de parcours ludiques, vous invitent à explorer les quatre piliers du mouvement. Le rap, la danse, le graffiti et le DJing n’auront plus de secrets pour vous.

L’atelier DJ du « Hip-Hop Generation Brussels » : Maîtrisez les platines

Hip-Hop-Generation-Brussel-Atelier-DJ
Hip-Hop-Generation-Brussel-Atelier-DJ

Vous avez toujours rêvé de sentir les platines sous vos doigts ? L’atelier DJ est fait pour vous ! Encadré par des beatmakers et des mixeurs aguerris, cet atelier vous initiera aux bases du scratch et du mix. Venez découvrir l’art de créer l’ambiance et d’enchaîner les beats pour faire danser la foule. C’est l’occasion parfaite pour comprendre comment la musique se construit et ressentir la puissance d’être derrière les decks.

L’atelier Visite Guidée de « Hip-Hop Generation Brussels » : L’histoire vivante du hip-hop belge

Hip-Hop-Generation-Brussel-Atelier-Visite-Guidée
Hip-Hop-Generation-Brussel-Atelier-Visite-Guidée

Pour ceux qui veulent aller plus loin que l’exposition, la visite guidée offre un récit passionnant et personnel. Accompagné d’un pionnier de la scène, parcourez l’exposition et plongez dans les coulisses de cette aventure culturelle. Écoutez les anecdotes inédites, découvrez les pépites cachées et ressentez l’émotion d’une histoire racontée par ceux qui l’ont vécue. Bien plus qu’une simple visite, c’est un voyage émotionnel au cœur de la mémoire collective bruxelloise.

La Communauté réunie : La force de HIP HOP GÉNÉRATION BRUSSELS, ce sont ses acteurs. Des écoles de danse, des pionniers respectés et des figures emblématiques de l’ère old-school seront présents pour partager leur savoir et leur feu sacré. C’est la garantie d’une expérience authentique et riche en rencontres.

Préparez-vous à vivre un week-end hors du temps, où l’art, la culture et le sport ne font qu’un. HIP HOP GÉNÉRATION BRUSSELS, c’est la promesse d’une bouffée d’air frais, inclusive et électrisante, au cœur de Bruxelles. Venez écrire l’histoire avec nous. Partagez. Dansez. Créez.

Bruxelles, Hip-Hop et héritages afro-européens

Bruxelles est souvent décrite comme une capitale européenne. Mais sur le terrain, dans les quartiers populaires, elle est surtout afro-européenne. Nord, sud, diaspora mélangée, trajectoires parallèles, histoires familiales presque identiques. Quand on observe les premiers visages du hip-hop belge, une chose saute aux yeux. Sur les photos jaunies des années 80, les pionniers sont peu nombreux. Mais une majorité est issue des communautés maghrébines et africaines subsahariennes. Un fait rarement dit, jamais assumé officiellement, mais omniprésent dans les archives sociales.

Une culture née de l’immigration et devenue force politique

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Photo d’archive des pionniers africains du breakdance résidant à Bruxelles : un groupe mythique, Magical Band, pour le travail de mémoire organisé par Hip-Hop Generation.

Ce phénomène n’a rien d’un hasard. Il est le produit direct de l’immigration bruxelloise de l’après-guerre. Les premières vagues venues du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, du Congo ou du Rwanda ont formé la base de ce que l’on nomme aujourd’hui l’« afro-européanité ». Pour beaucoup, la Belgique n’était pas un choix mais une nécessité économique. Les pères travaillaient dans les mines, dans les aciéries, dans les services publics à horaires impossibles. Une main-d’œuvre invisible mais essentielle. Pendant ce temps, les enfants, livrés à eux-mêmes dans la rue, faisaient face à une réalité brutale : aucune activité parascolaire, aucune infrastructure, aucun budget familial pour payer des cours de sport ou de culture. On parlait de familles nombreuses, huit enfants, parfois plus, avec un seul salaire. Impossible de payer le moindre entraînement. Pas de foot, pas de danse, pas de musique. Rien.

Alors, que reste-t-il aux enfants d’ouvriers africains du nord et du sud ?

La rue. Mais aussi l’ingéniosité. La créativité brute. L’expérience collective.

Dans les années 80, les aînés organisent des « T’dansants », petites fêtes improvisées où le twist et le rock’n’roll se mêlent étrangement. Cette première génération danse sous influence américaine et européenne. Mais pour ceux nés juste après, dont Mohamed Halhoule fait partie, c’est autre chose qui arrive. Une explosion. Une révélation. Le breakdance.

Comme la Génération Z aujourd’hui, les enfants de migrants des années 80 innovent, refusent les catégories, inventent des mouvements, se les réapproprient. Le hip-hop devient une évidence. Pas de frais d’inscription, pas de matériel coûteux. Juste un carton posé au sol, une enceinte bricolée et des potes. Exactement comme DJ Kool Herc, ce Jamaïcain devenu Afro-Américain, qui organise une jam légendaire dans le Bronx avec sa sœur Cindy et déclenche une révolution culturelle mondiale.

Il s’agit de la même logique. Une culture née de l’absence de moyens, et pourtant généreuse. Une culture créée par ceux qui n’avaient rien, pour donner quelque chose à tous.

Mohamed Halhoule, pionnier bruxellois, me raconte son propre tournant. Il vivait dans le quartier populaire de la place Lemmens. Autour de lui, deux chemins seulement. La délinquance, ou la réussite par le sport et la culture. Il prend le second chemin qui l’emmène droit vers le succès.

Comme lui, en 1987.

Ce qui se joue dans cet atelier dépasse l’artistique. C’est une réparation sociale. Une requalification éducative. Une revanche sur les décennies de manque de moyens, de sous-financement culturel, d’enfants abandonnés aux périphéries.

Mais cette réussite ne se comprend pas sans regarder la politique.

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Les pionniers marocains du breakdance des années 1980, réunis 40 ans plus tard dans un studio pour un shooting et une interview organisés par Mohamed Halhoule, dans le cadre de son documentaire sur l’histoire du hip-hop belge. Photo : Hip-Hop Generation.

En enquêtant, j’apprends qu’à l’époque des émeutes bruxelloises, les États-Unis ont discrètement débloqué un budget, surnommé localement « Plan Marshall ». Ce financement aurait transité par l’État belge pour soutenir les jeunes des quartiers, à l’image du Bronx. Officiellement, aucun document clair. Officieusement, plusieurs sources concordantes. Quand on connaît l’influence stratégique des États-Unis en Europe, rien d’improbable.

2019, Première Fédération Nationale du Hip-Hop Belge reconnu par la Ministre de la Culture Alda Gréoli (Engagé)

Ministre de la culture Alda Greoli -fédération Wallonie-Bruxelles- Hip-Hop Generation
De gauche à droite Louis Philippe Arty, alias B.Flow Françoise Galland, Séverine Gérard (secrétaire de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWP)-Fares Boudidit, Adla Gréoli (CDH, Ministre de la Culture (2019) – Champion Bakomba – Halhoule Mohamed – Marie-Pierre Moutier

Plus tard, en 2019, la Belgique crée sa première Fédération Nationale du Hip-Hop grâce à Alda Gréoli, ministre de la Culture issue des Engagés (Ex CDH). Une première. Un tournant politique majeur. Mohamed Halhoule en est membre du Conseil d’administration. Pendant ce temps, le Maroc, sous le patronage du Roi, possède depuis longtemps sa Fédération Royale du Hip-Hop. La France, paradoxalement, est finalement reconnu en 2021. Elle a propulsé le breakdance aux Jeux Olympiques.

L’histoire belge oscille entre soutien et silence.
Entre 2019 et 2024, sous Bénédicte Linard (Écolo), aucune action culturelle liée au hip-hop n’est soutenue. Valérie Glatigny (MR), alors ministre des Sports, ne répond pas non plus, et aujourd’hui ministre de l’Éducation, reste encore silencieuse face aux demandes du secteur.

2022, Le soutien le plus fidèle du ministre-président Rudy Vervoort de la Région de Bruxelles-Capitale

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Ministre Président Rudi Vervoort – Région Bruxelles-Capitales

Mais dès 2022, le ministre-président Rudi Vervoort devient l’allié le plus fidèle de Hip-Hop Generation, avec Image de Bruxelles et la COCOF.

Caroline Désir (PS), ministre de l’Éducation, emboîte le pas.

Restent des questions. Des zones d’ombre.

Mohamed Halhoule me raconte « Je découvre qu’un haut responsable de la RTBF souhaitait lancer une web-radio. En entendant parler du collectif de pionniers préparant un dossier, il les avait approchés. Le projet Tarmac, à 300 millions d’euros, incluant un studio, aurait été largement à leur portée. Mohamed, prudent, refuse de lui donner les détails de leur travail. Il lui conseille à son collaborateur de rédiger son propre parcours. Les pionniers ne seront finalement pas sélectionnés. Pas de web-radio. Pas de fonds. Une occasion manquée. Encore une.

Aujourd’hui, avec des budgets instables qui couvre qu’une partie de frais, ils parviennent pourtant à produire plus que certains projets à financement massif. C’est l’école de la rue. Celle qui fait beaucoup avec peu. Celle des enfants d’immigrés qui inventent, bricolent, persistent.

Et c’est précisément pour cela que je vais continuer à suivre cette affaire.
Parce que ce qui se joue ici dépasse largement un festival ou un atelier.
C’est une bataille pour la reconnaissance d’une culture afro-européenne qui a façonné Bruxelles depuis quarante ans.
Une culture que les institutions découvrent tardivement, parfois maladroitement, mais qui entre aujourd’hui dans l’histoire officielle.

La question n’est plus de savoir si le hip-hop mérite sa place.
La question est de savoir quelles institutions auront le courage de lui donner l’espace qu’il mérite.

Et je vous le garantis : je ne lâcherai pas ce dossier. Je suivrai chaque décision, chaque budget, chaque nomination, chaque silence aussi. Parce que cette histoire n’est pas terminée. Elle ne fait que commencer.


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