Vers l’échéance législative de septembre 2026 :
Message de la diaspora marocaine pour une représentation nationale à la hauteur des aspirations du Roi, du pays et du peuple
Les fondements de l’engagement politique
À l’approche des élections législatives de septembre 2026, quel cap politique le Maroc doit-il emprunter pour répondre aux ambitions de son Souverain et aux attentes profondes de son peuple ? Dans cette tribune force, le Dr Redouane Kadiri, politologue et spécialiste des politiques publiques, livre un vibrant plaidoyer pour une refondation éthique et humaniste de l’action politique. Porté par la voix et les aspirations de la diaspora marocaine, l’auteur dépasse les simples calculs électoraux pour rappeler l’urgence de replacer le citoyen, ses besoins fondamentaux et le sens du sacrifice au cœur de la gouvernance. Une réflexion philosophique et pragmatique indispensable pour comprendre les enjeux démocratiques qui façonneront le Maroc de demain. Découvrez les clés d’une représentation nationale à la hauteur des défis de 2026.
Quelle politique notre pays a-t-il besoin de construire, et comment parvenir à sa réussite ?
Avant toute réflexion sur l’avenir politique du Maroc à l’approche des élections législatives de septembre 2026, il convient de rappeler les fondements essentiels de tout engagement politique : la sagesse, la loyauté citoyenne, l’harmonie, la patience, le sacrifice et l’engagement personnel.
Ces valeurs constituent les piliers indispensables d’une action politique crédible, capable de répondre aux attentes des citoyens et aux défis du développement national.
La politique : une affaire de tous
Si la politique suscite l’intérêt de tous, c’est parce qu’elle demeure le principal instrument de gestion de la vie collective à travers les institutions de l’État.
La politique ne se limite pas à la conquête du pouvoir ou à la gestion des appareils partisans. Elle concerne l’ensemble des citoyens, puisque les problèmes de la société sont, par nature, des problèmes politiques.
C’est dans cette perspective que l’on peut affirmer que la politique est l’affaire de tous et que les préoccupations des citoyens doivent constituer le cœur même de l’action publique.
Une définition humaniste de la politique
Définir la politique demeure un exercice complexe. Malgré les nombreuses contributions des penseurs et philosophes tels qu’Emmanuel Sieyès, Jean-Jacques Rousseau ou Alexis de Tocqueville, aucune définition universellement satisfaisante n’a véritablement fait consensus.
À notre humble avis, la politique peut être définie comme une discipline des sciences humaines à vocation humaniste et ambitieuse, destinée à organiser la société et à gouverner dans le but d’assurer aux citoyens les conditions essentielles de la vie : la sécurité, la dignité et le bien-être.
Cette conception implique que l’État, les partis politiques et les organisations de la société civile travaillent conjointement afin de répondre aux besoins fondamentaux des citoyens.
L’État au service des besoins fondamentaux

L’action publique doit garantir les besoins essentiels de l’être humain, tant sur le plan matériel que psychologique.
À cet égard, la célèbre pyramide des besoins d’Abraham Maslow offre une grille de lecture intéressante, rappelant que la sécurité, l’appartenance, l’estime et l’épanouissement personnel constituent des exigences légitimes auxquelles les politiques publiques doivent répondre.
Une gouvernance efficace ne peut donc ignorer ces dimensions humaines.
Les qualités indispensables de l’homme d’État
Le succès d’une carrière politique repose sur plusieurs qualités fondamentales.
L’homme d’État, tout comme le responsable politique, doit être le garant de ses engagements, de ses promesses et de son militantisme au service de l’intérêt général.
L’amour de la patrie, l’attachement au peuple, le sens du sacrifice, la loyauté, le civisme, le patriotisme, la compétence, l’instruction et le charisme constituent autant de qualités nécessaires à l’exercice des responsabilités publiques.
Ces vertus permettent de construire une relation de confiance durable entre les gouvernants et les citoyens.
La politique comme service public
Satisfaire les besoins des citoyens avec efficacité, faire preuve d’intégrité, d’honnêteté et de probité sont les caractéristiques d’un responsable politique véritablement engagé au service du bien commun.
Le pouvoir ne doit pas être considéré comme une finalité personnelle, mais comme un moyen de construire le bien-être collectif et d’améliorer les conditions de vie des populations.
C’est dans cette capacité à servir les autres que réside la réussite du responsable politique.
Une citoyenneté entière : lever les verrous de la représentation directe
À l’approche de l’échéance législative de septembre 2026, l’ambition d’aligner la gouvernance sur les orientations royales exige de surmonter une anomalie démocratique persistante : la sous-représentation politique de la diaspora. Bien que l’article 17 de la Constitution de 2011 consacre le droit des Marocains résidant à l’étranger (MRE) à jouir d’une citoyenneté complète, leur inclusion institutionnelle reste suspendue à des mécanismes obsolètes comme le vote par procuration. Ce statu quo prive les institutions de l’État de l’expertise de plus de cinq millions de citoyens pourtant considérés, selon l’analyse de l’European Union Global Diaspora Facility, comme un moteur fondamental d’innovation et de croissance socio-économique pour le pays. Une représentation nationale à la hauteur de nos aspirations communes passe impérativement par l’abrogation de ce système indirect et par la création de circonscriptions dédiées dans les pays d’accueil. Plusieurs groupes parlementaires (notamment l’Istiqlal, l’USFP et le PJD) ont d’ailleurs déposé des propositions de loi pour réformer la loi organique relative à la Chambre des représentants en ce sens, ainsi que le souligne le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Étranger. Il ne manque désormais plus qu’une ferme volonté politique pour concrétiser cette avancée.
Sortir de l’abstentionnisme : le défi d’une offre politique éthique pour 2026
Le succès du scrutin de septembre 2026 ne dépendra pas uniquement de la logistique électorale, mais de notre capacité collective à restaurer la confiance des citoyens envers leurs élus. Le paysage politique marocain, marqué lors des dernières échéances par un besoin criant de renouvellement des élites, doit impérativement rompre avec les logiques d’appareil pour s’ouvrir à des profils hautement qualifiés et intègres. Les débats actuels autour de la campagne électorale de 2026 rappellent que le pouvoir d’achat et la consolidation de l’État social sont au cœur des attentes, mettant sous pression la classe moyenne, comme l’analysent les spécialistes dans les débats académiques sur le défi électoral de 2026. Si la diaspora est fréquemment qualifiée d’« ambassadrice » du pays sur le plan numérique et économique, les analyses de la revue REMMM montrent qu’un détachement s’opère lorsque les préoccupations de dignité, de justice et de bien-être ne trouvent pas d’écho dans l’action publique. Pour enrayer le risque d’abstentionnisme, les partis politiques se doivent de proposer un modèle de gouvernance fondé sur le mérite, la compétence sectorielle et une éthique de service public irréprochable. C’est à ce prix, et par cette alliance entre l’expertise interne et les forces vives de l’étranger, que nous bâtirons un Maroc résilient et fidèle à sa vocation humaniste.
Une vision pour le Maroc de 2026
À l’approche des échéances électorales de 2026, la diaspora marocaine aspire à une représentation nationale à la hauteur des ambitions du Royaume et des orientations stratégiques impulsées par Sa Majesté le Roi.
Cette représentation doit s’appuyer sur la compétence, l’éthique, la proximité avec les citoyens et la défense de l’intérêt général.
Une politique authentique demeure avant tout l’art de travailler au bonheur des peuples et au progrès des nations.
Dr Redouane KADIRI
Politologue et spécialiste des politiques générales européennes

